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Changement climatique : de la COP21 à l’Apocalypse ?

Samedi 7 novembre 2015, 17h à 18h30, à la Maison fraternelle (37, rue Tournefort, Paris 75005) – Changement climatique : de la COP21 à l’Apocalypse ? Animé par Antoine Peillon et Robert Philipoussi, avec Claire Gruson.

Contexte

Plusieurs mobilisations de la société civile entendent peser, jusqu’au dernier moment, sur les prochains travaux de la 21e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21), qui s’ouvrira le 30 novembre prochain, au Bourget, près de Paris. Ainsi, les cent premiers signataires d’un appel mondial « pour en finir avec les crimes climatiques » (1) comptent de nombreuses personnalités internationales. « Par le passé, des femmes et des hommes déterminés ont mis fin aux crimes contre l’esclavage, du totalitarisme, du colonialisme ou de l’apartheid », déclarent-elles ensemble, suivant une déclaration initiale de l’archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu (2), avant d’affirmer que « le changement climatique est un enjeu comparable et nous préparons une insurrection similaire ».

Par ailleurs, dès mars 2014, le Conseil de la Fédération protestante de France (FPF) constituait un groupe de réflexion et d’action dédié à la question du climat, en vue de la COP21, puis participait aussitôt au lancement du « jeûne pour le climat » (http://fastfortheclimate.org/fr/), en France.

Le 1er décembre 2014, la FPF publiait, chez Olivétan, un premier livre collectif (3), Les changements climatiques, texte de réflexion éthique et théologique : « Après un rappel des données scientifiques issues du dernier rapport d’évaluation du GIEC, que nous reconnaissons, nous y soulignons que le changement climatique pose à nos yeux un triple enjeu de justice – internationale, intergénérationnelle et sociale –, et fondons notre réflexion non sur la culpabilité, mais sur la reconnaissance comme puissant mobile pour agir – une « reconnaissance » à comprendre dans ses deux sens de gratitude pour un monde reçu, hérité, et de réciprocité. Nous parvenons à la proposition d’une éthique climatique fondée sur la justice et la sobriété heureuse. Sur la base de ce travail de fond, nous nous engageons et mobilisons, au sein du protestantisme, mais aussi aux côtés d’autres acteurs religieux et de la société civile, afin d’apporter notre contribution à l’adoption d’un accord universel ambitieux, légalement contraignant et juste lors de la COP21, à Paris l’an prochain… »

En juin 2015, un nouvel ouvrage était publié par la FPF (toujours chez Olivétan) : Terre créée, terre abîmée, terre promise… ; Ecologie et théologie en dialogue : « Une dizaine de spécialistes de l’environnement et de théologiens (protestants, catholiques et orthodoxes) ouvrent ici un dialogue fécond pour sortir de la culpabilité et inviter à des comportements responsables. Ils tracent un chemin pour sortir de nos peurs et nous ouvrir à l’espérance… » (lire le compte-rendu de Jean-Claude Widmann, paru dans la revue LibreSens, n°221 de septembre-octobre 2015 : http://libresens.blogspot.fr/2015/07/terre-creee-terre-abimee-terrepromise.html).

Le 22 octobre 2015, Regard protestants (http://regardsprotestants.com/) publiait un « Spécial climat 2015 » (http://regardsprotestants.com/special-climat-les-protestants-se-mobilisent-et-le-font-savoir/) : au sommaire, des interviews de personnalités, des initiatives d’églises et associations protestantes engagées sur le terrain… Ce « Spécial climat » est le fruit du travail commun de Christianisme Aujourd’hui, Croire et Vivre, les EEUdF, Ensemble, Évangile et liberté, la Fédération de l’entraide protestante, la Fédération protestante de France, Le Nouveau Messager, Paroles Protestantes Est, Paroles Protestantes Paris, PLVmagazine, Réforme et Regards protestants.

La veille, une déclaration signée par plus de 150 leaders religieux et spirituels de plus de 50 pays, dont François Clavairoly, président de la FPF, était remise à Christiana Figueres, responsable climat de l'ONU : « La COP21 offre une occasion unique de contribuer au bien commun de l’Humanité. (…) Il nous est encore possible d’éviter un dangereux changement climatique si nous acceptons – exigence fondamentale – de nous détourner d’une économie centrée sur le carbone, d’une consommation non durable et d’une croissance économique infinie… » (document : http://actalliance.org/wp-content/uploads/2015/10/COP21_Declaration_french1.pdf)

Cependant, au sein-même de la communauté protestante, des voix critiques n’ont pas tardé à se faire entendre, dont celle du pasteur Jean-Paul Nunez (Montpellier), dès juillet dernier : « Les bonimenteurs qui nous servent de gouvernants et de décideurs savent que sans une remise en cause radicale de l’économie, des rapports sociaux, de la production, de la consommation, du commerce, des modes de vie, des transports, des échanges, de l’organisation de nos sociétés, des systèmes techniques, nous courons à l’échec. Ces hypocrites savent que toute sauvegarde de la création est subversive et donc forcément anti-productiviste. C’est pourquoi ils n’en veulent pas. Il n’y a donc rien à attendre de la COP21… » (http://www.christianismesocial.org/spip.php?article480)

D’autre part, le 22 octobre 2015, la Coalition Climat 21, constituée sur l’idée que les changements majeurs et indispensables pour répondre aux enjeux du dérèglement climatique ne seront possibles sans une mobilisation durable de la société, et qui regroupe aujourd’hui 130 organisations, des syndicats aux ONG, en passant par les mouvements sociaux, les jeunes ou les groupes de foi, dénonçait le fait que « le silence du gouvernement face aux demandes de 130 organisations compromet les conditions dans lesquelles des dizaines de milliers de représentants de la société civile mondiale vont participer à la Conférence climat dans quelques semaines ». (http://www.liberation.fr/debats/2015/10/22/cop-21-le-gouvernement-sourd-aux-demandes-de-la-societe-civile_1408121)

D’ores et déjà, et à moins d’un mois de la COP 21, les Nations unies ont compilé, dans un rapport publié vendredi 30 octobre, les engagements des pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), responsables du changement climatique. Dans le jargon, on appelle ça les INDC, pour Intended Nationally Determined Contributions (contributions prévues déterminées au niveau national). Non contraignantes, elles servent de jauge pour mesurer l’ambition des Etats et seront annexées à l’accord de Paris, qui vise à contenir le réchauffement climatique sous le seuil des + 2 °C. Le secrétariat des Nations unies, qui n’a pas calculé l’extrapolation des émissions de GES en augmentation de température, cite néanmoins de précédentes estimations à + 2,7 °C.

En effet, selon plusieurs estimations d’agences internationales et d’ONG, l’addition des INDC met plutôt la planète sur la trajectoire d’une augmentation des températures moyennes de 2,7 °C, voire de 3 °C par rapport à l’ère préindustrielle. « Si les engagements sont un pas dans la bonne direction, ils nous ramènent d’une catastrophe à 4 °C à un désastre à 3 °C », tranche Tim Gore, de l’ONG Oxfam. Le tout, alors même que le seuil des 2 °C est jugé insuffisant par les pays le plus vulnérables au changement climatique, comme les petites îles menacées par la montée des eaux, qui poussent pour un objectif de + 1,5 °C d’augmentation maximale dans les négociations.

Pour contenir l’augmentation des températures sous le seuil des 2 °C, il faudrait réduire de 40 à 70 % les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050, puis pousser les économies vers la neutralité carbone. Or, les promesses de réduction d’émissions de gaz à effet de serre des Etats sont d’autant plus insuffisantes qu’elles ne sont… que des promesses. Les INDC constitueront a priori un genre de « registre » annexé à l’accord de Paris, mais ne feront pas partie du texte juridiquement contraignant. (Source : « COP 21 : s'en réjouir ou en pleurer », par Isabelle Hanne, Libération du 30 octobre 2015)

Antoine Peillon

(1) Site Internet : http://350.org/climate-crimes-fr/ et Ouvrage collectif, Crime climatique Stop ! ; L’Appel de la société civile, Seuil, collection Anthropocène, 2015, 318 p., 15 €

(2) « Nous avons combattu l’apartheid. Aujourd’hui, le changement climatique est notre ennemi à tous », publié dans Crime climatique Stop !

(3) Groupe de rédacteurs piloté par Jacques Varet, géologue et géothermicien : Martin Kopp, Otto Schäffer; Claire Sixt-Gateuille, Vincent Whal.

Agenda climatique avant la COP21

+ Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueillera et présidera la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), aussi appelée « Paris 2015 » (*). L’objectif est d’aboutir à un nouvel accord international sur le climat, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de +2° C d’ici à la fin du siècle.

+ En septembre dernier, les auteurs de Crime climatique Stop ! (**), dont Desmond Tutu et Naomi Klein, l’association Attac et le mouvement international 350.org ont lancé « L’appel de la société civile », à Paris.

+ Plusieurs collectifs français ou étrangers qui souhaitent « combattre l’injustice climatique » - Global Justice, Climate Justice Action, The Acorn, la Coalition Climat21, des ZADistes, etc., ont lancé « un appel international de lutte contre la Cop21 » et appelé à « une marche mondiale pour le climat » à Paris, les 29 novembre (avant l'ouverture du sommet) et le 12 décembre (en clôture du sommet). Ces associations veulent « faire pression sur les décideurs politiques » et souhaitent que la société civile ait le dernier mot, indique la Coalition Climat21.

+ Plusieurs journées d'action sont aussi prévues à Paris et en Ile-de-France. Ainsi, les 5 et 6 décembre, un village mondial des solutions alternatives devrait se tenir à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Une Zone d’Action pour le Climat (ZAC) sera organisée au CentQuatre (Paris XIXe). Autant d'initiatives qui ont pris corps ces derniers mois à Cologne, Bruxelles, Paris et Bure (Meuse), où les collectifs se sont régulièrement réunis pour discuter des moyens de mobilisation pendant la Cop21.

(*) www.cop21.gouv.fr/fr

(**) Seuil, collection Anthropocène, 318 p., 2015.

Dimanche 29 novembre : marche mondiale pour le climat, venez marcher avec la FPF !

Rendez-vous à 12h00 place de la République à Paris : pour l'occasion, la Fédération protestante de France déroule sa grande banderole ; venez retrouver vos amis, rencontrer les pèlerins venus du monde entier, participer à cet enjeu planétaire.
http://marchemondialepourleclimat.org

A. P.

Dans La Croix du 4 septembre 2015 (pages Forum & Débats)

Le XXIe siècle sera le siècle des réfugiés climatiques

« Les impacts environnementaux du changement climatique affectent déjà tous les rouages de nos sociétés et de nos économies. Sur le plan de la sécurité alimentaire, la production agricole est menacée. (…) L’accès à l’eau douce constitue également un enjeu pour de nombreuses populations : l’assèchement de sources d’eau douce, en raison de la fonte des glaciers de montagne en Asie et en Amérique du Sud, en particulier, pourrait avoir un impact sur des millions de personnes. Le changement climatique provoquera également des mouvements de populations ne pouvant plus vivre sur leurs terres : le XXIe siècle sera le siècle des réfugiés climatiques. Les populations insulaires, côtières ou vivant dans des régions arides, seront les premières affectées. Soixante millions de personnes pourraient devoir quitter la région de l’Afrique sahélienne en raison de la désertification (selon les Nations unies). »

Extrait de Bruno Latour et Collectif Roosevelt, Stop au dérèglement climatique, Les Éditions de l’Atelier, 2015.

***

Sortir de l’âge des fossiles

Comme Condorcet ou l’abbé Raynal surent le faire à propos de l’esclavage, osons donc l’affirmer : les émissions incontrôlées de gaz à effet de serre méritent la qualification de « crimes ». Aujourd’hui, chaque seconde voit un réfugié climatique de plus et l’ONU prévoit leur quintuplement jusqu’à 250 millions par an en 2050. Les plus durement frappées sont les populations pauvres, alors qu’elles sont les moins responsables. Et pour les scientifiques, la tendance actuelle nous conduit tout droit vers un chaos climatique généralisé doublé d’un effondrement écologique, économique et social global, une régression comme l’humanité n’en a pas connu depuis plusieurs siècles.

(…) Après les crimes esclavagistes, coloniaux et totalitaires des siècles passés, l’humanité – en même temps que l’idée de la valeur intangible de la vie humaine – se trouve donc de nouveau menacée dans son existence même. Dès lors, réduire notre empreinte carbone n’est pas une simple question environnementale ! À l’heure de l’Anthropocène – ce nouvel âge géologique dans lequel notre modèle de développement basé sur les énergies fossiles a fait entrer la Terre – c’est « le plus grand chantier de défense des droits humains de notre époque » (1).

Est-ce par des engagements volontaires d’États pris dans une guerre économique effrénée que l’on avancera ? Par une monétisation et privatisation de l’atmosphère, des sols et des forêts confiant l’avenir climatique à la main invisible d’un marché du carbone ? Ou bien, ne faut-il pas surtout donner le premier rôle, comme dans la victoire contre l’esclavage, à l’insurrection des victimes, au sursaut moral de ceux qui ne veulent plus être complices, et à la restauration de la capacité politique d’interdire et punir les actes criminels ?

Christophe Bonneuil (2)

(1) Archevêque Desmond Tutu, « Préface », dans Crime climatique Stop ! L’appel de la société civile, Seuil, 2015, p. 18.

(2) Historien au CNRS, auteur de L’événement Anthropocène (Seuil, 2013) et co-initiateur du livre collectif Crime climatique Stop ! L’appel de la société civile (Seuil, 2015) et de l’appel « Laissons les fossiles dans le sol pour en finir avec les crimes climatiques » (http ://crimesclimatiquesstop.org/).

***

La destruction des fondements vitaux de l’existence n’est pas une fatalité

Le réchauffement climatique a quitté le monde de l’abstraction, des prévisions à moyen ou long terme. Les alertes répétées des scientifiques depuis près d’un demi-siècle croisent désormais l’observation quotidienne et l’expérience vécue, par les générations présentes, d’un bouleversement écologique.

L’humanité concrète – les peuples de la Terre – est confrontée à un défi immense : la permanence de la vie humaine et de la vie tout court est menacée. Cette menace n’est ni un effet du destin, ni une malédiction, elle est le résultat des activités humaines. Plus précisément, elle découle d’un rapport de domination sur la nature, rapport utilitariste et instrumental, qui a autorisé l’exploitation sans merci des ressources naturelles. Le capitalisme s’est ainsi construit dans le déni des liens de dépendance entre la nature et les sociétés, entre la nature et les humains, comme si la rationalité techno-économique autorisait une émancipation radicale des limites naturelles, une négation de la matérialité de l’existence et une expansion infinie. La globalisation économique et financière, en étendant ce modèle à l’échelle du monde, a amplifié les menaces de destruction des éléments vitaux de l’existence.

Au lieu de la liberté promise par le libéralisme économique et le néolibéralisme, nous découvrons que nous vivons dans des sociétés droguées à des énergies fossiles qui accélèrent le changement climatique, que les sols sont appauvris ou détruits par l’agriculture productiviste, que le réchauffement climatique aggrave les problèmes de l’alimentation, que la fonte des glaciers menace l’approvisionnement en eau de zones très peuplées, que les réfugiés climatiques rejoignent tous ceux qui quittent leur terre dans l’espoir d’une vie décente.

Face à ces menaces, deux grandes orientations se dessinent. Certains voient dans le changement climatique une opportunité technique et économique, susceptible de permettre un nouvel élan. Loin d’accepter la fragilité des écosystèmes et des sociétés, ils y voient un manque à combler, une erreur de la nature, un défaut de rationalité. Les solutions préconisées vont alors dans le sens d’une volonté de maîtrise redoublée, appuyée sur l’utilisation de techniques dites vertes – certaines visant à adapter les humains et la planète en les reconfigurant – et sur l’inclusion de la nature et de ses « services » dans le processus de la marchandisation du monde. L’autre option, incarnée par de très nombreux mouvements de base, partout dans le monde, abandonne sans regret les rêves tout-puissants qui s’abîment désormais dans un monde invivable, défiguré par les injustices, les pollutions et la laideur. Ils entendent en effet cultiver la fragilité au lieu de la vaincre et rétablir avec la nature des liens de coopération. Conscients des responsabilités, loin des promesses tonitruantes des « sauveurs » du climat, ils sont dès à présent engagés dans des alternatives locales, concrètes, à la portée de tous. Ils entendent construire des sociétés résilientes, capables à la fois de s’adapter au changement climatique, de le limiter, d’inventer de nouvelles manières d’être ensemble, de nouvelles solidarités entre les humains et avec la Terre. Ils s’opposent résolument aux minorités qui nient le changement climatique et qui, en toute connaissance de cause désormais, continuent à perpétrer de véritables crimes climatiques, au nom d’intérêts privés et d’un consentement à un ordre des choses qu’ils entendent perpétuer.

Ces responsabilités ne peuvent être diluées dans une vague responsabilité collective car le réchauffement climatique est le résultat de choix qui engagent désormais la responsabilité de leurs auteurs. Il en est ainsi du secteur tout-puissant des énergies fossiles et des banques qui le financent. C’est ce que nous entendons exprimer dans la perspective de la COP21 et après.

Geneviève Azam, économiste (1)

(1) Université Toulouse II. Porte-parole d’Attac France. Elle vient de publier : Osons rester humain. Impasses de la toute-puissance, éditions Les Liens qui Libèrent, 2015.

Bibliographie (A. P.)

1 / Le changement climatique

Fédération protestante de France, Les changements climatiques, Olivétan, 2014.

Frédéric Denhez, Quelle France en 2030 ?, Armand Colin, 2009.

« Dossier spécial Climat : le tour de France des régions » (80 pages), Sciences & Vie, novembre 2015.

Jean-Marc Jancovici, Dormez tranquilles jusqu'en 2100 et autres malentendus sur le climat et l’énergie, Odile Jacob, 2015.

Jean-Marc Jancovici, Le Changement climatique expliqué à ma fille, Seuil, 2009.

Collectif, Crime climatique : STOP ! ; L’appel de la société civile, Seuil, 2015.

Bruno Lamour / Collectif Roosevelt, Stop au dérèglement climatique, Les éditions de l’Atelier, 2015.

Sylvie Huet, Les dessous de la cacophonie climatique, La Ville Brûle, 2015.

Olivier Godard, La Justice climatique, La Découverte, 2015.

ATTAC, Le Climat est notre affaire !, Les Liens qui Libèrent, 2015.

Pascal Canfin et Peter Staime, Climat : 30 questions pour comprendre la conférence de Paris, Les Petits Matins, 2015.

Maximes Combes, Sortons de l’Âge des fossiles ! ; Manifeste pour la transition, Seuil, 2015.

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer ; Petit manuel de collapsologie à l’usage des génération présentes, Seuil, 2015.

Noël Mamère et Patrick Farbiaz, Changeons le Systeme, Pas le Climat, Flammarion, 2015.

2 / Classiques de l’écologie chrétienne

Deux sommes, intégrant les « pensées » chrétiennes sur la nature et l’écologie : Dominique Bourg et Augustin Fragnière, La Pensée écologique ; Une anthologie, PUF, 2014 ; Dominique Bourg et Alain Papaux (dir.), Dictionnaire de la pensée écologique, PUF, 2015.

L’œuvre immense de Jacques Ellul, dont, premièrement ce chef-d’œuvre exégétique : L’Apocalypse ; Architecture en mouvement, Labor et Fides, 2008, avec une préface de Frédéric Rognon.

Merveilleux textes d’Albert Schweitzer, dans Respect de la vie, Arfuyen, 1990, et Humanisme et Mystique, Albin Michel, 1995 ; Vivre ; Paroles pour une éthique du temps présent, Albin Michel, 1995.

Théodore Monod, Terre et Ciel, Babel, entretiens avec Sylvain Estibal, Actes Sud, 1997 ; Ecologie et spiritualité, Albin Michel, 2006, avec, entre autres, Jacques Brosse, André Comte-Sponville, Eugen Drewermann, Albert Jacquard, Jacques Lacarrière, Jean-Marie Pelt, Pierre Rabhi, Annick de Souzenelle…

Jürgen Moltmann, Dieu dans la création ; Traité écologique de la création, Editions du Cerf, 1988, trad. française de Gott in der Schöpfung ; Ökologische Schöpfungslehre, München, Chr. Kaiser, 1985 ; Le Rire de l’univers ; Traité de christianisme écologique, Paris, Cerf, 2004.

André Gounelle, Le dynamisme créateur de Dieu ; Essai sur la théologie du Process, Van Dieren éditeur, 2000.

Otto Schaefer-Guignier, Et demain la Terre… Christianisme et écologie, Labor et Fides, 1991.

Eugen Drewermann, De l’immortalité des animaux, Cerf, 1992.

Dominique Bourg et Philippe Roch (dir.), Crise écologique, crise des valeurs ?, Labor et Fides, 2010.

Teilhard de Chardin (jésuite), La place de l’homme dans la nature, Albin Michel, 1956, nouvelle édition en 1996.

L’œuvre pionnière d’Hélène et Jean Bastaire (tradition franciscaine), dont Le Chant des créatures ; Les chrétiens et l'univers, d'Irénée à Claudel, Cerf, 1996 ; Le salut de la Création : essai d’écologie chrétienne, Desclée de Brouwer, 1996 ; Pour une écologie chrétienne, Cerf, 2004 ; Pour un Christ vert, Salvator, 2009 ; Insurrection Pascale, Salvator, 2012.

François d’Assise, Écrits, Vies, témoignages, Cerf - Éditions franciscaines, 2010.

Matthew Fox, Le Christ cosmique, Albin Michel, 1995, traduction de The Coming of the Cosmic Christ, San Francisco, 1988.

Michel Maxime Egger (tradition orthodoxe), La Terre comme soi-même ; Repères pour une écospiritualité, Labor et Fides, 2012, avec une préface de Pierre Rabhi.

Christophe Boureux (dominicain), Dieu est aussi jardinier ; La Création, une écologie accomplie, Cerf, 2014.

Fabien Revol, Le Temps de la Création, Cerf, 2015.

Le concept de création continuée ; Histoire, critique théologique et philosophique, essai de renouvellement dans le dialogue de la théologie avec les sciences de la nature, par la médiation de la philosophie. T. 1 : Histoire et critique du concept de création continuée en philosophie et en théologie ; T. 2 : La création continuée, vers une reformulation du concept en dialogue avec la théorie de l'évolution et l'écologie : Thèse [texte imprimé] / Fabien Revol, auteur, Lyon, Faculté de Théologie catholique de Lyon, 2013.

Jean-Marie Gueullette et Fabien Revol (dir.), Avec les créatures ; Pour une approche chrétienne de l’écologie, Cerf, 2015.

Pape François, Laudato Si’ ; Le souci de la maison commune, Parole et Silence, Collège des Bernardins, 2015.

Coordonné par François Euvé et Nathalie Sarthou-Lajus, La Conversion écologique, revue Etudes, hors-série, 2015.

3 / Théologie du « principe Responsabilité de Hans Jonas

Pour Hans Jonas, une fois pour toute, après Auschwitz (1), la toute-puissance divine doit s’effacer devant la bonté ou l’amour de Dieu, mais le philosophe allemand s’en tient malgré tout à un strict monothéisme, récusant toute théologie manichéenne d’un « double Dieu » (gnosticisme...).

En effet, Jonas souligne que :

- par le simple fait d’avoir créé l’homme libre, Dieu s’est dépouillé dès l’origine de sa toute-puissance ;

- se référant au concept kabbalistique (Isaac Luria, 1534-1572) du « tsimtsoum » (retrait, creusement en matrice, autolimitation du Créateur pour faire place au monde ; proche de la kénose chrétienne) (3), Jonas soutient le renoncement de la puissance du Dieu créateur afin que nous puissions exister, afin qu’advienne l’altérité des créatures. Ainsi, par l’acte de Création, Dieu se serait lui-même privé de la possibilité d’intervenir dans les affaires sublunaires (commandement du shabbat), laissant à l’homme la mission de parachever/réparer le monde (tikkoun ha-olam), idée théurgique qui a connu son plein développement à la fin du XIXesiècle, notamment en Allemagne, chez certains utopistes libertaires (cf. Michael Löwy, Rédemption et utopie, PUF, 1988).

Cependant, la relation à la divinité (= la religion) ne disparaît pas dans cette analyse générative de l’engagement écologiste.

« Renonçant, dit Jonas, à sa propre invulnérabilité, le fondement éternel a permis au monde d’être (…) Dieu, après s’être entièrement donné dans le monde en devenir, n’a plus rien à offrir. C’est maintenant à l’homme de lui donner. Et il peut le faire en veillant à ce que, dans les cheminements de sa vie, n’arrive pas ou n’arrive pas trop souvent, et pas à cause de lui, l’homme, que Dieu puisse regretter d’avoir laissé devenir le monde. » (Le Concept de Dieu après Auschwitz, Payot et Rivages, 1994, pp. 38 et 39)

Hans Jonas, Das Prinzip Verantwortung ; Versucheiner Ethik für die technologische Zivilisation, Franfurt am Main, Insel, 1979. Traduction française : Le Principe Responsabilité ; Une éthique pour la civilisation technologique, Editions du Cerf, 1990 (en poche : Flammarion, coll. Champs, 1998). L’influence de ce livre sur l’écologie politique fut et continue d’être considérable. Le fameux « rapport Bruntland », Our Common Future (Commission mondiale sur l’environnement et le développement, Oxford University Press, 1987 ; traduction française : Notre avenir à tous, Editions du Fleuve / Les Publications du Québec, 1988), initiateur du concept de "développement durable" (sustainable development), lui doit éthiquement presque tout (cf. Dominique Bourg, Les Scénarios de l’écologie, Hachette, 1996, p. 61).

H. Jonas, Le Concept de Dieu après Auschwitz, avec un lumineux essai de Catherine Chalier, « Dieu sans puissance », Payot / Rivages, 1994.

H. Jonas, The Gnostic Religion; The message of the alien God and the beginnings of Christianity, Boston, Beacon Press, second edition, 1963. Traduction française : La Religion gnostique, Flammarion, coll. Idées et recherches dirigée par Yves Bonnefoy, 1978. Lire, à propos de la lutte fondamentale de Jonas contre le dualisme, premièrement, la belle thèse de Nathalie Frogneux, Hans Jonas ou la vie dans le monde, avec une préface de Jean Greisch, Bruxelles, De Boeck Université, 2001, puis Marie-Geneviève Pinsart, Hans Jonas et la liberté : dimensions théologiques, ontologiques, éthiques et politiques, Vrin, 2002, pp. 22 à 33, et enfin la synthèse précise de Robert Theis, Jonas ; Habiter le monde, Michalon, coll. Le bien commun, 2008, pp. 13 à 32

4 / L’écologie politique est-elle dans la confusion eschatologique, qui prendrait l’Apocalypse pour la Catastrophe ou l’Effondrement, devrait-elle nourrir un chapitre manquant à la somme de Jacob Taubes (1), ne serait-elle qu’un dernier avatar de « la postérité de Joachim de Flore », telle qu’Henri de Lubac l’a autopsiée (Lethielleux, 1979 et 1981, et Cerf, 2014), voire une dernière ruse des « fanatiques de l’Apocalypse » (Norman Cohn) ? Ou bien, la véritable sécularisation et historicisation de l’Apocalypse n’est-elle pas seulement celle des déclinaisons politiques de la lignée gnostique, manichéenne, dualiste (Dieu/Monde, Bien/Mal, Homme/Univers...), des lectures de la Révélation et de la Parousie comme promesses sans fin de lendemains qui chantent ?

En vérité, seul les monismes vitalistes de la mystique hébraïque (Qumrân, Kabbale..., jusqu’au Rabbi Haïm de Volozine (2), Levinas et Hans Jonas), des christianismes authentiques (3) et du panthéisme (permanent dans les métaphysiques occidentale et orientale, comme John Toland l’a, le premier, démontré) nous donnent le commandement d’une eschatologie “au présent” (Evangile de Jean, ch. IV, v. 23 ; ch. V, v. 25 et v. 28 ; ch. XVI, v. 32 ; Apocalypse de Jean, ch. XIV, v. 7) (4), première source spirituelle du « principe Responsabilité » de Jonas et du « catastrophisme éclairé » de Dupuy, lequel souscrit explicitement à la métaphysique de Jonas (5).

(1) Jacob Taubes, Abendländlische Eschatologie, Munich, 1991. Traduction française : Eschatologie occidentale, traduit de l’allemand par Raphaël Lellouche et Michel Pennetier, Paris, Editions de l’Eclat, coll. Philosophie imaginaire, 2009. Eric Voeglin, Science, politique et gnose, Bayard, 2004.

(2) Rabbi Haïm de Volozine, L’Âme de la vie, avec une préface d’Emmanuel Levinas, Verdier, 1986.

(3) Entre autres, outre les conférences d’Eric Voeglin (Op.cit.) : Ernest Haeckel, Le Monisme ; Profession de foi d’un naturaliste, Schleicher Frères, 1897 ; Dietrich Bonhoeffer, Création et chute ; Exégèse théologique de Genèse 1 à 3, Bayard, 1999 ; Jacques Ellul, L’Apocalypse ; Architecture en mouvement, Labor et Fides, 2008 ; Paul Claudel, Au milieu des vitraux de l’Apocalypse, Gallimard, 1966 ; Nicolas Berdiaev, Le Sens de l’Histoire, Aubier, 1948 ; Nicolas Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle, Buchet / Chastel, 1992, pp. 362 à 389 ; Jean Phaure, La Chute originelle et le mystère du mal, Institut d’Herméneutique, 1973 ; Henri de Lubac, Histoire et Esprit ; L’intelligence de l’Ecriture d’après Origène, Editions du Cerf, 2002, pages 278 à 294 ; Rudolf Bultmann, Histoire et eschatologie, Neuchâtel, Delachaux & Niestlé, 1959, traduction française de Geschichte und Eschatologie, Tübingen, Mohr, 1958 ; Karl Löwith, Meaning in History, Chicago, 1949 ; Norman Cohn, Cosmos, chaos et le monde qui vient, Allia, 2000 ; Rudolf Schnackenburg, Présent et futur ; Aspects actuels de la théologie du Nouveau Testament, Editions du Cerf, 1969, traduction française de Present & Future ; Modern Aspects of New Testament Theology, University of Notre Dame Press, 1966 ; Jürgen Moltmann, Théologie de l’espérance ; Études sur les fondements et les conséquences d’une eschatologie chrétienne, Editions du Cerf, 1970, traduction française de Theologie der Hoffnung ; Untersuchungen zu Begründung und zu den Konzequenzen einer christlichen Eschatologie, München, Chr. Kaiser, 1964 ; Jürgen Moltmann, Dieu dans la création ; Traité écologique de la création, Editions du Cerf, 1988, trad. française de Gott in der Schöpfung ; Ökologische Schöpfungslehre, München, Chr. Kaiser, 1985 ; Jürgen Moltmann, L’Esprit qui donne la vie ; Une pneumatologie intégrale suivi de « Mon itinéraire théologique », Editions du Cerf, 1999, trad. française de Der Geist des Lebens ; Eine ganzheitliche Pneumatologie, Chr. Kaiser / Gütersloher Verlag, 1991 ; Jürgen Moltmann, La Venue de Dieu ; Eschatologie chrétienne, Editions du Cerf, 2000, traduction française de Das Kommen Gottes ; Christliche Eschatologie, Güttersloh, Chr. Kaiser / Gütersloher Verlagshaus, 1995 ; Jürgen Moltmann, Le Rire de l’univers ; Traité de christianisme écologique, Paris, Cerf, 2004 ; Pierre Prigent, Les Secrets de l’Apocalypse ; Mystique, ésotérisme et apocalypse, Editions du Cerf, 2002 ; Richard Bauckham, La Théologie de l’Apocalypse, Editions du Cerf, 2006 ; Emmanuel Durand, Le Père, Alpha et Oméga de la vie trinitaire, Editions du Cerf, 2008 ; Jean Marchal, L’Apocalypse de Jean ; Un message pour notre temps, Albin Michel, 1987 ; Hans Weder, Présent et règne de Dieu ; Considérations sur la compréhension du temps chez Jésus et dans le christianisme primitif, Editions du Cerf, 2009 ; et la fulgurante page 264 (« Jésus vient ») d’Au cœur de l’Ecriture : Méditations d’un prêtre catholique, de Nicolas Boon (Dervy, 1987).

(4) Rudolf Bultmann, Histoire et eschatologie, Neuchâtel, Delachaux & Niestlé, 1959, traduction française de Geschichte und Eschatologie, Tübingen, Mohr, 1958 ; Jürgen Moltmann, L’Esprit qui donne la vie ; Une pneumatologie intégrale suivi de « Mon itinéraire théologique », Editions du Cerf, 1999, page 422, trad. française de Der Geist desLebens ; Eine ganzheitliche Pneumatologie, Chr. Kaiser / GütersloherVerlag, 1991 ; Hans Weder, Présent et règne de Dieu ; Considérations sur la compréhension du temps chez Jésus et dans le christianisme primitif, Editions du Cerf, 2009.

(5) Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé ; Quand l’impossible est certain, Seuil, 2002 (nouvelle édition en collection Points, 2004, pages 161 à 174). Pour mémoire : Søren Kierkegaard, Crainte et tremblement, Payot & Rivages, 2000, traduction française de Frygtog Bæven, publié le 16 octobre 1843 sous le pseudonyme de Johannes de Silentio (Jean le Silencieux). Le titre de l’ouvrage vient de l’Epître aux Philippiens, II, 12 : « Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent… »

COP21

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, dite « CCNUCC », a été adoptée au cours du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Elle est entrée en vigueur le 21 mars 1994 et a été ratifiée par 196 « parties » prenantes à la Convention.

Cette Convention-cadre est une convention universelle de principe, qui reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène.

La Conférence des parties (COP), composée de tous les États-parties, constitue l’organe suprême de la Convention. Elle se réunit chaque année lors de conférences mondiales où sont prises des décisions pour respecter les objectifs de lutte contre les changements climatiques. Les décisions sont prises à l’unanimité ou par consensus. La COP, qui se tiendra à Paris, sera la 21e d’où le nom de « COP21 ». Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueillera et présidera la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), aussi appelée « Paris 2015 ». L’objectif est d’aboutir à un nouvel accord international sur le climat, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de +2° C d’ici à la fin du siècle.

Nations unies : « Les gouvernements concluront un nouvel accord sur le changement climatique à Paris en décembre, qui doit mettre toutes les nations sur la voie d'un avenir durable en empêchant les températures moyennes mondiales d’augmenter de plus de 2° Celsius, qui est la ligne de défense mondialement acceptée contre les pires impacts climatiques à venir.

L’Accord de Paris COP 21/CMP 11 sera établi dans le cadre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Il sera guidé par son objectif ultime et par ses principes d'équité et de responsabilité commune mais différenciée, et des capacités respectives, tout en tenant compte des circonstances nationales. »

« Objectif ultime » : Article 2 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements : « L’objectif ultime de la présente Convention et de tous instruments juridiques connexes que la Conférence des Parties pourrait adopter est de stabiliser, conformément aux dispositions pertinentes de la Convention, les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. Il conviendra d’atteindre ce niveau dans un délai suffisant pour que les écosystèmes puissent s’adapter naturellement aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le développement économique puisse se poursuivre d’une manière durable. »

Les enjeux de la Cop 21

Limiter la hausse moyenne des températures à 2°

L’enjeu prioritaire de cet accord, que les états ont eux-mêmes identifié lors de précédentes conférences internationales, sera de limiter la hausse moyenne de la température mondiale à + 2 °C à l’horizon 2100 (par rapport à 1850 et aux températures préindustrielles).
Ce seuil est reconnu comme critique par la communauté internationale, notamment pour les populations les plus vulnérables face aux effets des changements climatiques dont elles ne sont pas les principales responsables.
Il faut noter, cependant, que nombre de scientifiques et d’organisations de la société civile soulignent qu’une hausse moyenne de 2 °C serait déjà trop élevée, avec des impacts violents pour la vie marine, les zones côtières et les communautés les plus vulnérables ; ils appellent donc à limiter la hausse moyenne de la température mondiale à 1,5 °C.

Mais, même face à cet objectif de 2 °C, les états avancent « à reculons ».
On sait déjà que des états, parmi les plus responsables des changements climatiques, s’opposeront ainsi à tout cadre juridiquement contraignant.

De plus, ce n’est pas à partir de l’objectif global des « 2 °C » que les états déclineront leurs « engagements » (rebaptisés « contributions », ce qui leur enlève tout caractère contraignant). Les « contributions » sont définies au niveau national, avec le risque que leur somme ne permette pas de nous placer sur la nécessaire trajectoire collective des +2 °C. Il est difficile également de comprendre comment ces contributions seront réparties au sein de chaque pays, ou quels seront les rôles de chaque acteur (administrations, entreprises, citoyens…).

La tentation de s’en remettre au secteur privée pour le financement

La question de la mobilisation de financements pour accompagner la lutte contre les changements climatiques dans les pays en développement sera aussi un des sujets majeurs à l’agenda de la COP21.
Sur ce point, les négociations vont être marquées par la tentation croissante des pays développés de s’en remettre au secteur privé pour financer les enjeux climat/développement, par l’absence de trajectoire claire pour la mobilisation par les pays développés de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020, comme ils s’y sont engagés en 2009, et par l’absence de volonté politique à s’engager au-delà de 2020.

Le danger d’une logique de compensation et de marché

L’accord de Paris confirmera très probablement le choix de nombreux Etats d’une approche de la lutte contre les changements climatiques basée sur le marché et d’une logique de « compensation », malgré les limites et les risques déjà constatés ces dernières années.
En effet, au lieu d’aller vers un changement en profondeur de leur modèle de développement, les Etats et le secteur privé souhaitent pouvoir continuer à « compenser » leurs émissions de GES (au lieu de les réduire), par exemple en finançant un projet « vert » dans un pays en développement.

A. P.

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